A peine une nécessaire reconquête de la confiance des investisseurs, des salariés et de l’opinion publique apparaissait-elle possible par un renforcement de la régulation nationale (loi Sarbanes-Oxley, AMF, loi de Sécurité financière) ou internationale (lutte contre les paradis fiscaux) et par une attention accrue des entreprises aux meilleures pratiques de gouvernance, que de nombreuses crises financières ont de nouveau secoué le monde des affaires.
Bien que différentes par leur nature, elles insécurisent les opinions publiques et augmentent la méfiance. C’est ainsi toute l’image du système capitaliste qui est en jeu, car ces crises découragent actionnaires et investisseurs. Elles encouragent le monde politique à mettre en place un environnement réglementaire toujours plus contraignant. Une nouvelle forme de risque est en passe de prendre son essor. Certains l’appellent déjà le « risque de réputation ». Le capitalisme réputationnel est bel et bien en train d’émerger.
Aux Etats-Unis, on considère que la communication financière est une discipline au croisement de la finance, du marketing, de l’information et de plus en plus de la régulation. En tant que telle, la règle première est de dire la vérité sur le produit. Ainsi le produit que vend la communication financière est la confiance. Elle ne se commande pas. Il convient de trouver le point d’équilibre entre les obligations légales et un marketing financier adapté à la stratégie de développement de l’entreprise. Désormais, il faut, plus que jamais, des méthodes précises, des informations qui répondent aux préoccupations de chaque cible, des messages clairs et des chiffres et ratios illustrant bien la situation de l’entreprise. Les outils d’analyse dont disposent salariés, agences de notation, analystes, investisseurs professionnels ou individuels et media ne sont pas les mêmes. La communication financière doit leur permettre d’avoir tous accès à une information juste. La confiance est à ce prix.
Les erreurs de méthode deviennent de moins en moins réparables. Dans le cas d’Adecco, par exemple, l’accumulation en cinq jours de fautes de communication primaires : premier communiqué obscur, déclaration faussement rassurante du directeur financier, conférence téléphonique surréaliste, ont à l’évidence augmenté la panique des actionnaires et des marchés.
Or, que détestent le plus les investisseurs et les marchés ? L’incertitude. Quel est l’objectif de la communication financière ? La crédibilité. Si l’entreprise est maîtresse de la gestion de son information financière, définir une stratégie de communication financière ne s’improvise plus.
Financial Dynamics
Recent Comments